Face à la pollution alarmante des lagunes Tendo-Ehy et Aby, le Gouvernement ivoirien est passé à l’action. Sur instruction du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Robert Beugré Mambé, le Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, Abou BAMBA, s’est rendu le 25 février 2026 à Tiapoum, dans la région du Sud-Comoé, pour évaluer l’ampleur de la situation et engager des mesures urgentes.

Les constats de terrain, confirmés par les analyses techniques du Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL), révèlent un niveau de pollution préoccupant, principalement lié à l’orpaillage illégal notamment transfrontalier dont les effets se font lourdement ressentir par les populations riveraines. Il s’agit de la pêche fragilisée, l’insécurité alimentaire accrue, des difficultés d’accès à l’eau potable et des risques sanitaires grandissants qui menacent l’équilibre socio-économique de la région.

Les communautés, par la voix du porte-parole de la chefferie traditionnelle a exprimé leur vive inquiétude face à cette situation, soulignant que cette crise dépasse la simple atteinte environnementale pour devenir une véritable question de survie.

« L’orpaillage clandestin transfrontalier en provenance du Ghana constitue aujourd’hui une menace grave pour nos écosystèmes lagunaires. Les sédiments terreux et substances toxiques déversés en amont, ont transformé nos eaux jadis cristallines en un mélange boueux et Il ne s’agit pas seulement d’une question d'esthétisme, c’est notre survie même qui est en jeu. » a-t-il déploré.

La chefferie a réaffirmé sa confiance AU Ministre et en l’engagement résolu du Gouvernement à restaurer et protéger ce patrimoine naturel.

LeMinistre Abou BAMBA a rassuré les populations du Sud-Comoé, et particulièrement celles de Tiapoum, quant à la mobilisation totale du Gouvernement, à agir dans l’intérêt des communautés et à restaurer l’équilibre écologique des lagunes.

«75% des bassins versants sont situés au Ghana à travers les fleuves Bia et Tanoé. Des dispositions ont donc été prises pour rencontrer nos homologues ghanéens afin de stopper les apports polluants en amont. » a-t-il indiqué.

Le Ministre a enfin précisé qu’une fois les flux polluants maîtrisés, un vaste programme de dépollution et de rééquilibrage écologique sera mis en œuvre pour permettre à cet écosystème lagunaire, d’une superficie estimée à près de 400 km², de retrouver pleinement son rôle de levier de développement économique au bénéfice des communautés locales.