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JOURNEE MONDIALE DES OCEANS: LA DECLARATION DU GOUVERNEMENT PRONONCEE PAR LE MINISTRE ABOU BAMBA
Lundi 08 Juin 2026
Chers concitoyens,
Chères communautés du Littoral, Chers acteurs de la mer et des océans,
Chaque 8 juin, à l'occasion de la Journée Mondiale des Océans, notre regard se tourne vers ces espaces immenses qui bordent notre territoire, nourrissent nos populations, soutiennent notre économie et contribuent à l'équilibre de notre planète : nos océans. Cette célébration nous rappelle une vérité essentielle : l'avenir de nos nations est intimement lié à la santé de nos mers et de nos littoraux.
Pour la Côte d'Ivoire, cette réalité revêt une importance particulière. Notre pays dispose d'un patrimoine maritime exceptionnel.
- Avec près de 566 kilomètres de façade maritime,
- plus de 200 000 km² de Zone Économique Exclusive,
- environ 12 200 km² de plateau continental et
- près de 1 200 km² de systèmes lagunaires s'étendant sur plus de 300 kilomètres d'Est en Ouest,
La Côte d'Ivoire possède l'un des espaces maritimes les plus stratégiques de la sous-région.
Des plages d'Assinie aux falaises de San Pedro, des mangroves de Grand-Lahou aux écosystèmes marins du Gboklè et du Sud-Comoé, sans oublier Grand-Béréby, véritable joyau du sud-ouest ivoirien reconnu pour ses plages préservées, ses paysages naturels d'exception et son potentiel touristique croissant, notre littoral abrite une biodiversité côtière et marine remarquable et constitue un formidable réservoir de richesses naturelles, économiques et culturelles.
Mesdames et Messieurs,
Nos océans et nos zones côtières représentent bien plus qu'un patrimoine naturel. Ils constituent un pilier fondamental de notre développement économique.
Grâce aux ports d'Abidjan et de San Pedro, la Côte d'Ivoire s'est imposée comme un carrefour incontournable des échanges commerciaux en Afrique de l'Ouest. Nos espaces maritimes soutiennent le commerce international, favorisent l'intégration régionale et renforcent l'attractivité économique de notre pays.
Cette position stratégique se reflète dans les performances remarquables du Port autonome d'Abidjan qui, en 2024, a franchi pour la première fois le seuil historique des 40 millions de tonnes de marchandises traitées, atteignant un trafic global de 40,1 millions de tonnes, en hausse de 15,6 % par rapport à 2023. Assurant plus de 75 % du volume des échanges extérieurs du pays et générant près de 79 % des recettes douanières nationales.
Au Port autonome de San Pedro, le trafic global de marchandises a atteint 7 401 713 tonnes en 2024, marquant un record historique et consacrant la dynamique de croissance soutenue de cet ouvrage stratégique.
Ces infrastructures constituent un levier essentiel de la compétitivité économique nationale et du rayonnement de la Côte d'Ivoire au sein de l'espace ouest-africain.
Nos ressources halieutiques contribuent à la sécurité alimentaire de millions de citoyens et procurent des revenus à des milliers de familles vivant directement ou indirectement des activités de pêche et d'aquaculture.
Nos océans offrent également des perspectives considérables dans les domaines du tourisme côtier, des services portuaires, des biotechnologies marines, des énergies renouvelables offshore et de l'ensemble des filières de l'économie bleue.
Notre océan n'est donc pas seulement un patrimoine à préserver ; il est un levier stratégique de souveraineté économique, de création d'emplois, d'innovation et de prospérité durable.
Cependant, cette richesse demeure fragile.
Aujourd'hui, près de 60 % du littoral ivoirien est affecté par l'érosion côtière. Plus de 62 % des mangroves ont déjà disparu sous l'effet combiné des pressions humaines et des changements environnementaux. À ces défis s'ajoutent la pollution marine, la prolifération des déchets plastiques, les déversements d'hydrocarbures, la surexploitation des ressources halieutiques, la surpêche et l'acidification progressive des océans.
Ces phénomènes fragilisent les écosystèmes marins, menacent la biodiversité et compromettent les moyens de subsistance des communautés côtières.
Parallèlement, un autre danger silencieux progresse à l'intérieur de nos terres : la pollution des cours d'eau liée à l'orpaillage clandestin. Dans plusieurs régions du pays, des niveaux préoccupants de contamination au mercure sont observés, mettant en danger la santé des populations et la qualité des ressources hydriques qui alimentent nos lagunes, nos fleuves et, in fine, notre environnement marin.
Mesdames et Messieurs,
Face à ces défis, le Gouvernement agit avec détermination. Sous la haute vision du Président de la République, Son Excellence Monsieur ALASSANE OUATTARA et conformément aux orientations du Plan National de Développement, la Côte d'Ivoire a engagé des réformes ambitieuses pour protéger durablement son patrimoine marin et côtier.
Parmi les avancées majeures figurent :
1. l'opérationnalisation du Fonds ivoirien pour la mer destiné au financement de projets de restauration écologique et d'adaptation climatique ;
2. le renforcement de la lutte contre les déchets plastiques et les pollutions marines sur l'ensemble du littoral ;
3. les démarches engagées pour l'obtention du label Pavillon Bleu pour les plages de Grand-Béréby et d'Assinie, afin de promouvoir un tourisme durable répondant aux standards internationaux les plus exigeants ;
4. le renforcement de la coopération régionale dans le golfe de Guinée pour une gestion concertée des ressources marines ;
5. la signature récente à Nouakchott d'une Convention Cadre avec Partenariat Régional Côtier et Marin (PRCM) destinée à améliorer la Gestion durable des zones côtières et la Conservation de la biodiversité marine et l’organisation de la 13è édition de sa Conférence régionale à Abidjan en 2028 ;
6. l’initiation des négociations pour l’ouverture d’un Bureau de l’UICN en Côte d’Ivoire ;
7. le développement progressif d'un réseau national d'Aires Marines Protégées couvrant les principaux écosystèmes marins et côtiers du pays.
Cette ambition se traduit déjà par la création de la première Aire Marine Protégée de Côte d'Ivoire à Grand-Béréby, couvrant plus de 272 375 hectares, soit près de 2 600 km² d'espaces marins et côtiers protégés.
Cette avancée historique marque le début d'une nouvelle étape dans la Gouvernance de nos ressources marines.
À travers la création de nouvelles aires marines protégées notamment celles de l'embouchure du Cavally, du parc d'Azagny, des îles Ehotilé, du Gboklè ainsi que l’AMP transfrontalière entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, le pays entend bâtir un réseau cohérent couvrant l'ensemble de son espace maritime stratégique.
Mesdames et Messieurs,
Les aires marines protégées ne constituent pas seulement un outil de conservation. Elles représentent un véritable investissement pour l'avenir.
Elles permettront de restaurer les stocks halieutiques, de préserver la biodiversité, de renforcer la résilience des écosystèmes face au changement climatique, de développer l'écotourisme, d'encourager les énergies marines renouvelables et de créer de nouvelles opportunités économiques pour les populations.
Elles constituent l'un des fondements de la Stratégie Nationale de développement de l'Économie Bleue, appelée à devenir l'un des moteurs de la croissance durable de notre pays.
C'est dans cet esprit que la Côte d'Ivoire s'associe pleinement au thème retenu cette année par la communauté internationale : « Des aires marines protégées fortes pour notre planète bleue ».
En résonance avec cette thématique mondiale, notre pays a retenu pour thème national : « Protégeons notre patrimoine marin, source de richesse », afin de mettre en lumière le rôle essentiel des ressources marines et côtières dans le développement économique, la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité et le bien-être des populations.
La complémentarité de ces deux thèmes souligne une même exigence : celle de renforcer la protection et la gestion durable de nos espaces marins et côtiers. Elle nous rappelle que la préservation de l'océan et de ses ressources constitue une responsabilité collective, un impératif pour le développement durable et un devoir envers les générations futures.
Ivoiriennes, Ivoiriens,
Chaque geste compte.
Réduisons l'utilisation des plastiques à usage unique. Préservons les mangroves. Respectons les périodes de repos biologique. Encourageons la pêche responsable. Participons à la protection et aux nettoyages de nos plages, de nos lagunes et gérons durablement nos ressources marines. Préserver nos océans n'est pas une option. C'est une exigence de développement, de souveraineté et de responsabilité.
En protégeant nos océans aujourd'hui, nous protégeons notre sécurité alimentaire, notre économie, notre environnement et l'avenir de nos enfants. Ensemble, faisons de notre patrimoine marin un moteur de croissance durable et un héritage précieux pour les générations présentes et futures.
Bonne célébration de la Journée Mondiale
des Océans à toutes et à tous.
Pour Dieu et mon pays, je vous remercie !
