Actualité
LUTTE CONTRE L’ORPAILLAGE ILLÉGAL : LE CNS MOBILISE LES ACTEURS NATIONAUX POUR UNE RIPOSTE PLUS COORDONNÉE
Vendredi 04 Septembre 2026
La capitale politique ivoirienne, Yamoussoukro, accueille, du 4 au 5 septembre 2026, un atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire.
Présidée par M. Fidèle Sarassoro, Ministre, Secrétaire Exécutif du Conseil National de Sécurité (CNS), cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre des décisions arrêtées par le Conseil National de Sécurité lors de sa réunion du 23 juillet 2026, consacrée à la lutte contre le fléau de l’orpaillage illégal.
Elle réunit plusieurs acteurs de l’action publique, dont le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, M. Abou Bamba, autour d’un objectif : renforcer la coordination nationale, harmoniser les mécanismes d’intervention et consolider l’efficacité de la riposte contre l’exploitation minière illégale.
L’orpaillage illégal constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la Côte d’Ivoire. Au-delà de l’exploitation anarchique des ressources aurifères, le phénomène entraîne de lourdes conséquences sur l’environnement, la sécurité alimentaire et la cohésion sociale.
La destruction des terres et du couvert forestier, la pollution des sols et des cours d’eau, la dégradation des écosystèmes et la perturbation des activités agricoles figurent parmi les principales conséquences de cette activité illégale.
Le phénomène présente également une importante menace sécuritaire. Les ressources financières générées par l’orpaillage illégal peuvent, dans certains cas, alimenter des réseaux criminels et des groupes armés terroristes, renforçant ainsi les risques pesant sur la sécurité nationale.
Face à cette situation, les Forces de Défense et de Sécurité mènent depuis plusieurs années des opérations de lutte contre l’orpaillage illégal. Les résultats enregistrés depuis 2021 par le Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI) et la Brigade de Répression des Infractions au Code Minier (BRICM) témoignent de l’ampleur de cette mobilisation.
De juillet 2021 à juillet 2026, plus de 1 000 sites colonisés ou recolonisés ont été déguerpis à travers près de 8 500 opérations. Ces interventions ont également permis de déférer 4 665 individus, de saisir environ 136 kilogrammes d’or, près d’un milliard de francs CFA, 745 pelleteuses et de nombreux autres équipements.
Derrière ces résultats se trouve, selon le Secrétaire Exécutif du CNS, la détermination de l’État de Côte d’Ivoire, qui a déjà consacré plus de 15 milliards de francs CFA à la lutte contre ce fléau.
« Ces résultats ne doivent pas nous conduire à l’autosatisfaction. Ils doivent, au contraire, nous pousser à aller encore plus loin et faire en sorte que plus aucun mètre carré de notre territoire ne soit utilisé pour cette activité illégale », a-t-il ajouté. .
L’un des enjeux majeurs de l’atelier est de renforcer la responsabilité des acteurs au niveau territorial, notamment celle du corps préfectoral. Il s’agit de leur donner davantage de moyens et un rôle accru dans la coordination de la lutte, mais également de renforcer le renseignement et les systèmes d’alerte précoce afin de détecter rapidement l’apparition de nouveaux sites.
Les autorités entendent également accroître les capacités opérationnelles des Forces de Défense et de Sécurité, afin de permettre le démantèlement rapide des sites illégaux et de prévenir leur recolonisation, renforcer le cadre juridique et réglementaire, avec une approche visant à cibler l’ensemble de la chaîne de l’exploitation illégale : exploitants, soutiens logistiques, complices, commanditaires et financiers.
La protection des ressources en eau, notamment des quatre grands fleuves du pays, constitue par ailleurs un axe prioritaire de cette riposte nationale.
Participant activement aux travaux, le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, M. Abou Bamba, a consacré sa présentation aux impacts environnementaux de l’orpaillage illégal. À travers son intervention, il a mis en évidence les profondes perturbations que ce fléau fait peser sur les écosystèmes et les ressources naturelles de la Côte d’Ivoire.
Selon les données présentées par le Ministre, 1 600 sites d’orpaillage illégal ont été répertoriés sur le territoire national, n’épargnant aucune région. Les quatre grands bassins versants de la Côte d’Ivoire sont aujourd’hui fortement perturbés, avec des conséquences susceptibles de menacer directement la disponibilité et la qualité de l’eau destinée aux populations.
L’utilisation incontrôlée de produits chimiques toxiques, notamment le mercure, le plomb et l’arsenic, constitue également une grande source de préoccupation. Ces substances peuvent affecter les milieux aquatiques, la biodiversité et, indirectement, les populations.
La réhabilitation des matrices environnementales représente un défi financier considérable. Selon le Ministre Abou Bamba, la dépollution et la restauration écologique des cours d’eau peuvent nécessiter des investissements compris entre 1 et 2 millions de dollars US par kilomètre, notamment lorsqu’elles mobilisent des techniques avancées de remédiation.
Au terme des travaux, l’atelier devra déboucher sur des propositions d’actions à fort impact, décisives et réalisables dans de brefs délais, afin de renforcer durablement l’efficacité de la lutte contre l’orpaillage illégal.
