
Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, M. Abou Bamba, a procédé à l’ouverture de la réunion des Ministres en charge de l’Environnement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), consacrée à la validation du Plan d’Action régional de gestion des matières plastiques et à la promotion de l’économie circulaire, le 30 avril 2026 à Abidjan.
Cette réunion, présidée par Mme Mima Yema Mimi Sobba Stephens, Vice-Ministre de l’Environnement et du Changement climatique de la Sierra Leone, marque l’aboutissement d’un processus participatif engagé depuis plusieurs années.
En cohérence avec la résolution 5/14 de l’Assemblée des Nations Unies, appelant à la négociation d’un traité international visant à mettre fin à la pollution plastique, et avec la Vision 2050 de la CEDEAO axée sur un développement inclusif et durable, les États membres ont adopté plusieurs mesures. En 2023, un règlement a été adopté pour harmoniser la réglementation des produits plastiques et encadrer la gestion écologiquement rationnelle des déchets plastiques dans l’espace communautaire.
« Face aux résultats mitigés de la mise en œuvre de ces textes, la réflexion a été portée au niveau régional afin de proposer des solutions durables, compte tenu des impacts transfrontaliers de la pollution plastique. Ce Plan d’Action régional constitue l’instrument opérationnel destiné à traduire ces engagements en résultats concrets pour nos populations », a indiqué le Ministre Abou Bamba.
La problématique de la pollution plastique, de plus en plus préoccupante, affecte aujourd’hui l’ensemble des secteurs d’activité, avec des impacts significatifs sur la santé humaine et le développement durable.
En Afrique de l’Ouest, une étude récente de la Banque mondiale indique que les secteurs de l’économie bleue représentent environ 56 % du PIB régional, mais restent fortement menacés par la pollution plastique. Le coût des dommages causés par les plastiques en milieu marin est estimé entre 10 000 et 33 000 dollars américains par tonne de déchets plastiques.
La Côte d’Ivoire produit chaque année entre 40 000 et 100 000 tonnes de déchets plastiques. Seuls 5 à 20 % sont recyclés, tandis que le reste est soit abandonné, soit brûlé. À Abidjan, plus de 280 tonnes de déchets plastiques sont générées quotidiennement. Malgré ces impacts environnementaux, le secteur du plastique demeure une source importante d’emplois, avec environ 30 000 postes, illustrant la complexité de la transition vers des modèles durables, selon les données du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
« En accueillant cette réunion, la Côte d’Ivoire réaffirme son engagement à soutenir la mise en œuvre du Plan d’Action régional et de ses instruments opérationnels, à promouvoir l’innovation et les alternatives durables aux plastiques à usage unique, et à renforcer la coopération régionale et internationale. » a ajouté le Ministre Abou Bamba.
Lancé depuis 2024 avec l’appui de la Banque mondiale, ce Plan couvre une période de dix ans et s’inscrit dans la dynamique régionale visant à accélérer l’action, dans un contexte de retard observé dans les négociations internationales sur un instrument juridiquement contraignant de lutte contre la pollution plastique.
Selon le représentant du Président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Kalilou Sylla, l’objectif général du Plan régional est de renforcer les capacités des États membres afin d’assurer une gestion efficace de la chaîne de valeur des plastiques, tout en favorisant le développement de solutions fondées sur l’économie circulaire.
« Mettre un terme au fléau de la pollution plastique, aggravé par l’évolution des modes de consommation et de production, constitue un défi ambitieux mais réalisable. La CEDEAO réaffirme son engagement à accompagner les États membres dans la promotion et le développement d’alternatives durables au plastique », a déclaré le Dr Sylla.